Apiculture dans son jardin

5 conseils pour pratiquer l’apiculture dans son jardin

Vous souhaitez élever des abeilles et devenir apiculteur amateur ? Cet article vous concerne directement. Les abeilles sont des insectes populaires pour leur miel, ainsi que pour leur rôle de pollinisateur indispensable pour l’environnement. Mais les abeilles sont aussi capables de piquer et peuvent même être dangereuses pour les personnes qui sont allergiques à leur venin. L’apiculture demande donc une bonne préparation et de solides connaissances dans la biologie et le comportement des abeilles.

Face à de nombreuses responsabilités, beaucoup de personnes se demandent s’il est possible de pratiquer l’apiculture dans son jardin et quelles sont les lois qui encadrent cette pratique. Cet article vous explique comment devenir apiculteur amateur et profiter du miel de vos ruches. Nous vous souhaitons bonne lecture.

La réglementation en France

En France, la réglementation encadre les activités des apiculteurs professionnels et des apiculteurs amateurs. Vous serez donc soumis à des obligations, même si vous n’avez pas pour projet de vendre du miel ou d’autres produits de la ruche, comme la cire, la propolis et la gelée royale.

Dès l’installation de votre première colonie, vous devez déclarer en ligne cette activité apicole. Cette déclaration se fait depuis le site du Ministère de l'agriculture et prend quelques minutes. Vous obtiendrez directement votre numéro d’apiculteur (le NAPI). Cet identifiant est personnel et vous devez le noter. Chaque année, entre le 1er septembre et le 31 décembre, vous devrez confirmer le nombre de vos colonies, en suivant la même procédure de télédéclaration.

Le Code Rural précise que les ruches doivent se trouver séparées des propriétés voisines et de la voie publique par une distance minimale. Et que ces distances sont déterminées par les maires ou les préfets.

Ainsi d’un département à un autre, mais parfois d’une commune à une autre, les distances de sécurité à appliquer ne sont pas les mêmes. À Paris, cinq mètres suffisent pour respecter l’arrêté préfectoral. Alors que dans le Var, la distance sera de 20 mètres des propriétés voisines. Dans la plupart des départements, les ruches ne pourront pas être installées à moins de 100 mètres d’un bâtiment à caractère collectif, comme une école, une mairie ou un hôpital.

Lorsqu’on a pour projet d’installer des ruches chez soi, ces distances ne peuvent être respectées. Heureusement ce même Code Rural a prévu une disposition supplémentaire qui va faciliter l’apiculture de loisir. Ainsi, si vous séparez vos ruches du voisinage par une palissade, une haie d’arbustes persistants ou par un mur de plus de 2 mètres de hauteur, les distances minimales ne s’appliquent plus.

Abeille butinant une fleur
Vos abeilles peuvent provoquer des nuisances, mieux vaut prendre toutes les précautions possibles

Lorsqu’on pratique l'apiculture, la sécurité est une priorité. En tant que propriétaire d’animaux, vous êtes responsable de ces derniers et des nuisances qu’ils peuvent occasionner aux personnes et à leurs animaux. Vous devez penser à la crainte légitime de vos voisins. Ainsi, nous vous recommandons d’éloigner autant que possible les ruches du voisinage. Mais aussi de planter des haies pour protéger les personnes qui vivent autour de chez vous. Plantez également des arbustes tout autour de vos ruches. Ces plantations et aménagements doivent forcer vos abeilles à s'élever le plus haut possible et dans tous les cas à plus de deux mètres du sol.

Enfin, nous vous conseillons de souscrire à une assurance complémentaire pour la pratique de l’apiculture de loisir. Votre assureur peut vous renseigner. Vous pouvez aussi vous assurer auprès d’un syndicat d’apiculture. Ou même en vous abonnant à la revue Abeille de France. Le montant de l’assurance tous risques est de quelques euros par ruche et par année.

Pour en savoir davantage sur la réglementation de l’apiculture, consultez la page suivante : https://www.unaf-apiculture.info/la-pratique-de-l-apiculture/informations-reglementaires.html

5 conseils pour bien débuter en apiculture

Si vous souhaitez débuter en apiculture, vous devez rechercher des conseils et des informations pour minimiser les risques de commettre des erreurs. Nous allons vous donner quelques informations qui vous permettront de mieux vous préparer à votre nouvelle passion.

Trouvez l’endroit idéal

Les abeilles sont des insectes qui installent leur nid dans une cavité, comme un tronc d’arbre ou une crevasse. Les apiculteurs cherchent à répondre aux besoins de leurs abeilles en les logeant dans des ruches. Puis à installer ces ruches dans des endroits confortables. Un lieu où l’on place une ou plusieurs ruches est nommé un rucher.

Dans l’idéal, un rucher est placé à l’abri du vent. Il doit aussi être exposé à l’est ou au sud et protégé par une haie ou par un mur des courants d’air qui viennent du nord. Cette configuration limite le refroidissement du nid durant l’hiver. L'ensoleillement durant l’hiver est toujours profitable.

Le rucher ne doit pas se trouver dans un lieu humide. Car les abeilles redoutent l’humidité. Celle-ci est à l’origine de maladies qui touchent les larves. Il est préférable d’éviter les endroits où du brouillard se forme fréquemment en hiver. Les bords de cours d’eau et les fonds de vallées ne sont pas indiqués.

Le rucher ne doit pas être visible de l’extérieur. Mieux vaut être discret pour ne pas affoler les passants. Mais il faut aussi savoir que le vol des ruches est fréquent. Raison de plus pour cacher vos ruches derrière une haute haie au feuillage persistant.

Apiculture - Rucher
Votre rucher doit être entouré par d’abondantes ressources de nectar et de pollen

La situation du rucher est importante pour la santé des colonies. Elle a aussi son importance si vous comptez extraire des quantités importantes de miel. Les abeilles doivent trouver dans un rayon de 3 kilomètres autour du rucher le pollen et le nectar indispensables à la colonie.

Les forêts, les jardins et les cultures de tournesol ou de colza sont des sources importantes d’aliments. Pour évaluer la qualité de l’aire de butinage, consultez Google Map. Si sur un rayon de 3 kilomètres au moins la moitié de la surface est couverte par de la végétation, vous n’aurez pas de soucis à vous faire. Mais sachez que les champs cultivés avec des céréales n’ont pas d'intérêt. Car les céréales ne produisent pas de nectar. Les apiculteurs parlent même de déserts verts.

Enfin, placez un abreuvoir à proximité de vos ruches, car les abeilles ont besoin de boire. Une colonie consomme pas moins de 50 litres d’eau chaque saison. Ce dispositif est d’autant plus important si des piscines se trouvent aux alentours. Vous éviterez alors bien des problèmes de voisinage.

Si vous n’avez pas d’endroit adapté pour placer plusieurs ruches chez vous, mieux vaut rejoindre une association qui met à disposition un rucher partagé. La plupart des groupements d’apiculteurs proposent à leurs adhérents un tel endroit.

Débutez avec au moins deux ruches

Les néophytes ont souvent pour projet de débuter avec une seule ruche. Ceci afin de minimiser les dépenses, mais aussi par prudence. Cela peut sembler contre-intuitif, mais débuter avec une seule ruche est plus risqué que se lancer en apiculture avec deux ruches. En effet, vous ne pourrez pas pratiquer d’équilibrage en passant un cadre de couvain ou un cadre rempli de miel, depuis une ruche forte à une ruche faible. L’équilibrage est une opération commune en fin de saison.

De plus, l’apprentissage de l’apiculture demande de la pratique. Avec deux ruches vous pratiquez deux fois plus souvent. Vous pouvez aussi comparer les performances de chaque colonie. Vous progresserez plus rapidement et les abeilles bénéficieront de soins de meilleure qualité.

Par la suite et lorsque vous apprécierez l’élevage des abeilles, nous vous recommandons de constituer un rucher d’au moins cinq ruches. Vous serez alors parfaitement autonome pour effectuer les divisions de vos colonies. Ce qui est indispensable pour assurer le renouvellement de votre cheptel. Car sachez que les pertes hivernales ne sont pas rares et sont parfois supérieures à 20%.

Débuter l'apiculture dans son jardin
L’apiculteur débutant doit posséder au moins deux ruches pour effectuer les opérations les plus courantes

Un rucher de cinq ruches vous permet aussi d’obtenir de façon quasi certaine une récolte de miel. Car la quantité produite est variable d’une colonie à une autre. Les colonies les plus populeuses sont généralement les plus productives, car elles ont un grand nombre de butineuses. Cette fluctuation dans les rendements est aussi observée d’une année sur l’autre.

Il existe de bonnes années, mais aussi de moins bonnes. L’année 2021 a été catastrophique dans la plupart des régions, car les conditions météorologiques se sont opposées aux floraisons.

Pour finir, nous vous conseillons aussi de choisir le même modèle de ruche pour tout votre cheptel. Car les formats des cadres ne sont pas les mêmes d’un modèle à un autre. En France, les modèles suivants sont les plus fréquents :

  • Ruche Dadant
  • Ruche Langstroth
  • Ruche Warré

Il existe aussi d’autres modèles comme la ruche kényane, la ruche Voirnot, la ruche varoise ou la ruche alsacienne. Mais la plus simple et celle que nous vous conseillons est la ruche Dadant. Pour en savoir davantage sur cette ruche, consultez la vidéo suivante :


La ruche Dadant s’impose partout en France, sauf en Corse. Sur l’île de Beauté, les apiculteurs emploient surtout la ruche Langstroth. En fonction de votre région ou de votre pays, vous pourrez faire un choix tout autre. Consultez les apiculteurs autour de chez vous. Ils vous conseilleront.

Adoptez des abeilles dociles

Toutes les abeilles sont capables de piquer. Et l’apiculteur doit toujours porter une combinaison pour se protéger. Il doit également utiliser un enfumoir pour calmer ses abeilles. Enfin, il doit aussi tenir compte des personnes ou des animaux qui pourraient se trouver aux alentours. Il évitera d’ouvrir ses ruches, lorsqu’il y a de l’activité à côté du rucher : anniversaire d’enfants, jeux dans une piscine, journée autour d’un barbecue,...

À ces précautions, nous ajoutons qu’il est important de débuter avec des abeilles dociles. C’est-à-dire avec des colonies dont l’agressivité n’est pas trop importante. Car d’une colonie à une autre, le caractère n’est pas le même.

Certaines sous-espèces et races sont plus douces que d’autres. C’est souvent le cas chez l’abeille italienne et chez l’abeille Buckfast. Mais on retrouve des lignées calmes chez pratiquement toutes les sous-espèces et races.

Ainsi, si vous souhaitez élever des abeilles noires, sachez que vous devrez chercher chez des éleveurs spécialisés des reines sélectionnées pour leur douceur. Sans quoi vous risquez d’avoir des problèmes ou du moins de l’inconfort à pratiquer l’apiculture.

N’oubliez pas de soigner vos abeilles

Les abeilles sont des insectes qui peuvent être touchés par un grand nombre d’agents pathogènes et de ravageurs. Dans la nature, la situation d’Apis mellifera est dramatique et le nombre des colonies sauvages est très bas.

L’apiculteur doit donc mettre en place une surveillance sanitaire constante de ses colonies et effectuer des traitements ou des apports de nourriture lorsque cela est nécessaire.

En apiculture, deux ennemis posent actuellement la plupart des problèmes aux apiculteurs. Il s’agit du varroa et du frelon asiatique. Bien connaître ces ravageurs permet de détecter leur présence et de mettre en place une action de lutte ciblée.

Le varroa

Le varroa est un acarien parasite des abeilles et de leur couvain. Originaire d’Asie, il est arrivé en France en 1982 et cause depuis quarante ans des dégâts dans les colonies. Chaque année, des milliers de ruches sont dépeuplées à cause d’une infestation de varroas.

De très petite taille, ces acariens sont difficiles à distinguer. Et beaucoup d’apiculteurs - et notamment les moins expérimentés - ne suivent pas suffisamment l’évolution de l’infestation. En conséquence, ils perdent leurs colonies durant l’hiver. On parle d’effondrement de la colonie.

Varroa
Les varroas sont de minuscules acariens qui s’attaquent aux abeilles et à leur larves

Pour ne pas perdre vos colonies d’abeilles, il sera nécessaire de procéder à des comptages d’acariens. Plusieurs méthodes sont employées. Et lorsqu’un seuil critique est dépassé, procéder à un traitement des colonies infestées. Il existe là encore plusieurs types de traitements que chacun pourra choisir en fonction de ses connaissances et du type d’apiculture pratiqué. Certains sont à base de produits de synthèse - comme l’Amitraze - d’autres contiennent des substances naturelles (acide oxalique et acide formique).

Le frelon asiatique

Le frelon asiatique est arrivé en 2004, depuis la Chine. Il s’agit d’un prédateur des abeilles. Actuellement répandu dans toute la France - à l’exception de la Corse - il menace de nombreuses espèces d’insectes dont il se nourrit. Les abeilles constituent jusqu’aux deux tiers de ses proies. Et la présence de nids de frelons asiatiques dans le voisinage d’un rucher est toujours un problème pour l’apiculteur.

Il existe plusieurs méthodes pour contrôler et réduire la pression de prédation sur les colonies d’abeilles. L’une des plus utilisées est de capturer durant l’été les ouvrières de frelons asiatiques qui chassent autour des ruches.

Cette capture se fait avec des pièges appâtés d’un mélange de sirop de cassis, de bière brune et de vin blanc. Ce mélange sucré et alcoolisé attire les frelons, mais repousse les abeilles. On peut aussi utiliser comme appât des carapaces de crevettes ou des restes de poissons.

frelon asiatique
Le frelon asiatique est un redoutable prédateur des abeilles

Mais l’unique action radicale est de trouver les nids de frelons asiatiques des environs et de les détruire. Attention, cette dernière opération est très dangereuse. Les frelons asiatiques protègent leur nid et attaquent par centaines ceux qui s’en approchent. Sans équipement adapté, le risque d’être tué est réel.

Ainsi, si vous détectez un nid de frelons asiatiques, faites intervenir un professionnel. Pour obtenir l’adresse des entreprises de désinsectisation, consultez votre mairie. Notez que certaines communes financent la destruction des nids présents sur leur territoire, mais que bien souvent les pompiers n’interviennent plus chez les particuliers.

Formez-vous à l’apiculture

Actuellement, il n’est pas obligatoire d’être titulaire d’une autorisation de l’administration pour pratiquer l’apiculture. Néanmoins, vous devez suivre une formation théorique et pratique avant d'installer une première ruche chez vous.

Car sans maîtriser les fondamentaux de l’élevage des abeilles, vous risquez de perdre vos colonies à la suite d'erreurs de manipulation ou à cause des maladies non traitées. Vous pouvez aussi recevoir des piqûres ou exposer votre entourage à des dangers, si vous ne savez pas utiliser un enfumoir ou ouvrir une ruche correctement.

Heureusement, il existe de nombreuses associations et des apiculteurs professionnels qui proposent des formations pour s’initier à l’élevage des abeilles. Vous pouvez trouver des ruchers écoles dans tous les départements de France et toutes les régions de Belgique. Les tarifs sont variables, mais il faut compter environ 200 euros pour suivre un stage de deux à trois jours.

Formation apiculture
Les compétences doivent s’acquérir auprès d’apiculteurs expérimentés

Notons l’existence de plusieurs formations en ligne. Celles-ci sont de bonnes introductions à la biologie des abeilles et aux pratiques apicoles. Elles viennent en complément d’une formation classique. L’école en ligne IDLWT propose une formation en cinq modules qui s’appuie sur des visioconférences en direct. Les apprenants peuvent ainsi poser leurs questions à un apiculteur expérimenté.

Si vous souhaitez devenir apiculteur professionnel, plusieurs cursus sont proposés sur la base de l’alternance. Il s’agit de formations longues qui vous préparent à l’apiculture de production, mais aussi à la gestion d’une exploitation agricole. Car l’apiculteur professionnel est aussi un chef d’entreprise.

Pour trouver le stage ou la formation qui vous convient, consultez la liste des ruchers écoles et des centres de formation :  https://apiculture.idlwt.com/formations-apiculture-en-france-belgique-suisse-canada/

Pour résumer

L’apiculture peut être pratiquée comme un loisir. En effet, la plupart des 70 000 apiculteurs français élèvent des abeilles pour leur plaisir et gardent moins de dix colonies. La réglementation reste favorable à l’apiculteur amateur, mais elle doit être connue et respectée. Enfin, les abeilles sont des insectes sensibles à leur environnement et vous avez des responsabilités pour les maintenir en bonne santé.

Pour réussir en apiculture vous devez être bien préparé. Ainsi, nous vous recommandons de vous former avant d’acquérir votre première colonie.

Nous espérons que la lecture de cet article vous aura intéressé. Si tel est le cas, merci de le partager sur les réseaux sociaux. Nous vous souhaitons une bonne continuation. À bientôt.

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